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projet de création d'un arboretum

14/10/2015

 

L'arboretum de Mongo est un projet en cours, à l'initiative du Père jésuite Serge Semur. S. Semur a acquis la conviction que les Tchadiens de la région de Mongo, dans laquelle il vit, auraient un grand intérêt à mieux utiliser toutes les ressources que peuvent offrir les arbres. En effet ces derniers, qui ont beaucoup souffert de la déforestation associée à l'agriculture extensive, peuvent offrir un grand nombre de ressources, que ce soit pour la consommation humaine ou animale (fruits, feuilles, jeunes pousses) ou pour la pharmacopée traditionnelle. Les arbres sont aussi indispensables pour le bois de gros œuvre et pour la cuisine. En outre, depuis des années, les expériences d'agroforesterie (voir photo d'association fruitiers-maraichage, en France) ont montré l'intérêt d'associer des cultures vivrières et des lignes d'arbres Nord Sud, qui offrent de l'ombre sans trop obscurcir, car leurs racines conservent l'humidité du sol entre deux pluies, l’enrichissent par la litière de feuilles tombées, et créent des abris pour oiseaux et abeilles, ces dernières étant souvent déterminantes pour une pollinisation efficace.

Bref, après avoir pendant des années laissé se développer l'épuisement de ressources par déforestation, il faut penser à replanter des arbres. Et pour commencer, choisir et sélectionner les espèces les plus intéressantes. C'est pour cela qu'est né ce projet d'arboretum, qui est progressivement mis en place sur un terrain de 2 ha cédé par les jésuites de Mongo à la population locale. Il faudra bien entendu décider d'un statut de ce terrain, déterminer qui en sera propriétaire et légalement responsable, comment s'organiseront les relations entre les femmes qui le cultiveront. Une telle surface doit pouvoir être exploitée par 40 à 50 femmes ayant chacune une parcelle de 4 à 500 m2 pour cultiver fruits et légumes sous couvert arboré.

Depuis le 1er janvier 2015, deux personnes travaillent à cet arboretum : le coordonnateur du projet, Serge Semur, et un jardinier pépiniériste tchadien à plein temps. Le terrain de 2 ha possède déjà deux puits. Il va falloir finir de le défricher, puis le clôturer. Il faudra 500 m de clôture pour sa périphérie et pour délimiter en son sein une petite pépinière de 200 m2. Le jardinier devra collecter des semences, les traiter, en planter certaines. Des petits plants seront mis en place directement. Pour certains il faudra pratiquer bouturage ou marcottage selon les espèces. Il faudra aussi mettre en place un système d'arrosage goutte-à-goutte, pour lequel une subvention a été demandée à Nature et Découvertes.

L'ambition de Serge Semur, et d'Aura France, qui le soutient, c'est que cet arboretum ait d'abord un intérêt immédiat : améliorer les ressources disponibles pour la population locale, notamment via les femmes. Mais au-delà, il aura un intérêt didactique : ce qui sera réalisé dans cet Arboretum, avec sa pépinière, pourra être reproduit par tous ceux, paysans, mères de famille, ou élèves, qui aiment les arbres et souhaitent en planter chez eux. Et pour les enfants, ce sera une occasion importante d'apprentissage et de réappropriation de leur patrimoine culturel.

Au regard de son ambition, le coût de ce projet peut être considéré comme modeste : environ 30 K€ pour l'équipement et le fonctionnement sur 6 ans. On notera en particulier la modestie des salaires : la somme des deux salaires (coordinateur + jardinier-pépiniériste) s'élèvent à moins de 3000€  au total par an