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Réunion du 12 septembre 2015, à Camposampiero

14/10/2015

Le 12 septembre 2015 après-midi a eu lieu une rencontre entre des délégations de Aura Italia et Aura France. Cela s'est passé près de Padoue, à Camposanpiero, où vit de l'agriculture une bonne partie de la famille du père Franco Martellozzo. Cette réunion a permis à plusieurs dizaines de personnes d'écouter les interventions en italien ou en français, de personnes actives dans Aura, et d'échanger avec ces intervenants. Dans la soirée, tous ont été accueillis pour un excellent repas dans la famille d'une sœur du père Franco, ce qui a permis de prolonger encore les échanges.

La réunion de l'après-midi était animée par le père Franco, qui présentait, traduisait, relançait, résumait. Voici quelques notes prises pendant les différentes interventions.

Paolo Pascale, de Bologne, a parlé des banques de céréales, une initiative de chrétiens du Tchad qui permet aux cultivateurs d'opérer la soudure entre deux récoltes, et de ne pas être à la merci des usuriers qui leur prêtaient, à des taux … usuraires, l'argent nécessaire aux semences. Ces banques prêtent aux cultivateurs des semences, qu'ils rendent lors de la récolte suivante, avec un petit intérêt qui permet de reconstituer les stocks, et même, grâce à l'augmentation du capital, de soutenir d'autres activités. Un logiciel sur smartphone, avec géolocalisation, est très utile pour gérer chacune des nombreuses banques locales (plusieurs centaines aujourd'hui). Ces banques de céréales constituent une partie importante de l'activité d’ Aura au Tchad. Outre leur utilité pour arracher les Tchadiens aux griffes des usuriers, elles revalorisent l'image du christianisme, ce qui n'est pas inutile dans une période où les relations avec l'Islam ne sont pas toujours faciles, comme l'a très bien analysé Franco Martellozzo dans un article de la revue Gesuiti Missionari Italiani : I tre islam del mio Ciad.

Le professeur retraité Bottecchia, de l'université de médecine de Padoue, a rendu compte d'une visite effectuée il y a un an au Tchad, qui lui a permis d'analyser le fonctionnement de 3 dispensaires dont les bâtiments (construction et entretien) sont financés par l'Eglise Tchadienne. Dans chaque dispensaire il y a une infirmière payée par le gouvernement, plus d'autres employés fonctionnant en autogestion, c'est à dire payés par les maigres contributions fournies par les patients.

Blaise Imbert a présenté le projet d’Aura France, rappelant l'historique de la contribution de son oncle Christian Imbert depuis plus de dix ans, pour financer des puits utiles à la fois pour les éleveurs et pour les cultivatrices de jardins maraîchers. Il a insisté sur la philosophie de cette action : apporter des fonds, mais aussi faire en sorte que la population des villages concernés, en prenant en charge leur construction, s'approprient ces puits, condition indispensable à leur entretien ultérieur. Il a également parlé d'un projet d'arboretum, proposé par le père Serge Semur. Ce projet nécessitera un arrosage amélioré, par goutte-à-goutte (pour économiser l'eau), donc un investissement, qui a donné lieu à des levées de fonds qui sont en cours. Il y a en particulier une demande de financement à Nature et Découvertes, qui sont  détaillées par ailleurs.

Sergio, de Fraternité Missionnaire, a travaillé sur un projet d'aide à des jardins cultivés par des femmes. Comme souvent en Afrique, et ailleurs, il y a un problème de coexistence entre les activités d'élevage et de culture. Les cultivatrices ont absolument besoin de clôturer leurs jardins pour empêcher l'intrusion des animaux, notamment des chèvres. L'aide de FM a porté sur l'amélioration de ces clôtures (traditionnellement réalisées en épineux), ainsi que sur la mise en place d'un arrosage goutte-à-goutte. [Ce serait important d'en savoir plus sur cette expérience existante].

Le frère Pietro vit au Tchad depuis de nombreuses années. Il a un vrai talent d'inventeur. Il a mis au point il y a quelques années un véhicule pour handicapés, réalisable avec des matériaux de récupération. Fort de cet enseignement, un de ses élèves a monté son propre atelier de mécanique qui produit maintenant de tels véhicules, et vit de ce travail. Le frère Pietro a également mis au point un four solaire, qui permet de faire la cuisine en concentrant l'énergie solaire sur un foyer au moyen d'une parabole. C'est très ingénieux, peu coûteux, mais la sophistication de l'outil n'a pas permis qu'il soit repris par les Tchadiens. Il a eu un peu plus de succès avec des cuisinières en tôle- matériau plus isolant- qui coûtent moins de 60€ pièce et permettent de faire d'importantes économies de bois comme combustible. Il a également mis au point, pour la construction en dur des maisons, un système de presse à briques économique, fonctionnant avec de l'argile additionnée d'un peu de ciment, ne nécessitant pas de cuisson.

Giordano Angel, un maçon tailleur de pierres dirige une entreprise qui fonctionne très bien en Italie. Il est allé depuis des années pour quelques semaines chaque fois, enseigner son métier à de jeunes Tchadiens. C'est avec eux qu'il a construit la cathédrale de Mongo, en un an seulement. Cette activité de formation professionnelle qualifiée marche visiblement très bien.

Une représentante de l'association des écoles maternelles catholiques italiennes, qui a travaillé au Tchad pendant des années, a souligné l'importance de scolariser les enfants très jeunes. Cette scolarisation précoce donne le goût de l'école, et augmente ainsi fortement les chances que ces jeunes n'interrompent pas trop tôt leur éducation scolaire.